Film, Littérature étrangère, Roman

Cinéprose #1 : Le choix de la douceur avec Brooklyn

Brooklyn ou la force du rêve américain

Les œuvres, c’est un peu comme les personnes. Parfois, au détour d’une rencontre imprévue, on fait la connaissance de celle qui va changer notre vie, chambouler notre quotidien. Le genre de rendez-vous fortuit qui restera gravé dans nos mémoires à jamais, qui modifie pour toujours notre rapport à la vie et au monde. Des rencontres qui, que vous le vouliez ou non, arrivent, qui doivent arriver. Et tout ça, c’est ce qui s’est passé lorsque je suis tombée sur Brooklyn. Allez, venez donc, j’ai une petite histoire à vous raconter !

Le hasard

Tout commence un beau matin, lors d’une journée des plus banales. En parcourant mon fil d’actualité de Twitter, je tombe sur un concours organisé par les éditions Robert Laffont. Ils font gagner, parmi tous les “follow & RT”, un certain nombre de places pour un film nommé Brooklyn, adapté d’un roman irlandais éponyme. Je trouve l’affiche sympa, sans toutefois avoir la moindre idée de quoi il parle… Mais bon, ce n’est qu’un clic, qu’est-ce que ça coûte ? Et puis, quelques jours plus tard, à ma grande surprise, les éditions Robert Laffont m’annoncent que j’ai gagné et que je peux leur donner mes coordonnées en MP. Évidemment, je suis ravie, et je m’exécute. L’attente n’est pas très longue avant que les deux places de cinéma n’arrivent dans ma boîte aux lettres.

Et là, c’est le drame, la catastrophe : j’ai les places entre les mains, mais aucun cinéma dans le coin ne diffuse le film… La déception, en réalité, n’est pas si grande. Après tout, je ne les ai même pas payées. Les places finissent donc, entre d’autres papiers, sur un coin de meuble.

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L’histoire aurait pu s’arrêter là, et sans doute aujourd’hui aurais-je oublié tout ceci. Mais je vous le disais un peu plus haut : certaines rencontres sont inévitables. Quelques semaines après la réception des fameux tickets, un cinéma indépendant proche de chez moi programme finalement des projections du film. Ni une, ni deux, j’embarque ma soeur avec moi et nous parcourons la moitié de la ville en bus et en tram pour aller voir Brooklyn, un film britannico-irlando-canadien (dixit wikipedia) réalisé par John Crowley. Et, au fond, c’est là que tout commence.

Le film

Lorsque je m’assieds dans la salle, je ne connais pas grand chose du film. J’ai vu l’affiche, lu le résumé pour savoir à qui proposer de m’accompagner, et c’est tout. De ce long métrage, je n’attends en réalité absolument rien. J’y vais parce que j’en ai eu l’occasion, parce que c’était gratuit (oui, c’est pas sexy, je suis d’accord, mais c’est la vérité).

Et puis, c’est le coup de foudre. Brooklyn ce n’est ni plus ni moins que l’histoire d’une jeune irlandaise des années cinquante qui va connaître le rêve américain. On y verra les doutes, le mal du pays, l’amour, la vie quoi. Mais le tout est narré avec une telle douceur… Saoirse Ronan, qui interprète Eilis, est d’une délicatesse et d’une finesse infinies. La romance, loin d’être ennuyeuse ou stéréotypée, se savoure comme une madeleine de Proust, rappelant à tout un chacun les papillonnements de ses premiers émois amoureux.

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Alors oui, certains diront sans doute que le film manque de rythme, ou bien qu’il ne s’y passe pas grand chose… Pour ma part, c’est ce qui m’a fait absolument aimer cette œuvre : on se laisse emporter par cette parenthèse, cette tranche de vie hors du temps et pourtant tellement importante, décisive. Eilis, notre héroïne, devient adulte, elle apprend à se connaître, à se trouver. Y a-t-il plus beau spectacle que celui de la jeune fleur qui éclot ?

Entre un petit village d’Irlande et l’immensité de New York, ce long métrage tout en poésie est un régal pour les yeux. Les couleurs, si chaudes, en font indéniablement un film à classer dans la catégorie cocooning et à regarder sous la couette ou emmitouflé dans un gros plaid avec un bon thé bien chaud (et du lait et du sucre, comme en Irlande !).

La première chose que j’ai faite en sortant du cinéma, c’est me ruer pour acheter le roman de Colm Toibin, en VO…

Le livre

Alors oui, je vous le concède et je me confesse : j’ai tout fait à l’envers. Je suis d’abord allée voir le film, pu-is j’ai lu le livre. C’est mal. Enfin, peut-être. Je ne sais pas. En tout cas, quelques jours après le visionnage, je m’attelai à lecture de Brooklyn. Connaissant déjà l’histoire, l’anglais ne m’a pas paru très compliqué. La plume de Colm Toibin est fluide, agréable, et comme l’ensemble de l’œuvre : douce, si douce, si délicieusement douce. Ses mots traduisaient à merveille les sensations et les sentiments de sa jeune héroïne, perdue entre deux océans, entre deux amours, entre deux vies.

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J’ai retrouvé dans le roman (c’est l’inverse, en réalité, mais vous me comprenez) la délicatesse qui m’avait tant plu dans l’adaptation cinématographique. Et ce, jusque dans les couleurs ! En effet, l’auteur, par la voix d’Eilis, insiste beaucoup sur ce point. Les couleurs ici ne sont jamais anodines, elles disent quelque chose. La jeune irlandaise portait des vêtements sérieux, sobres et plutôt sombres là où la jeune new yorkaise s’habille tout en couleur, avec des robes aux coupes sophistiquées et arbore même des lunettes de soleil !

J’ai découvert avec plaisir dans le livre des détails qui, pour différentes mais évidentes raisons, n’étaient pas décrits dans le film. Eilis est un personnage féminin agréable à suivre, affirmant peu à peu sa personnalité, ses goûts, ses choix, loin de la jeune première trop naïve ou de l’archétype de la soi-disant femme forte. Bref, un petit bijou de la littérature irlandaise que je ne peux que vous recommander…

La rencontre

Vous l’aurez compris, entre Brooklyn et moi, c’est le genre de rencontre que j’évoquais avec vous plus haut. Ce livre et ce film m’ont profondément marquée, émue et touchée. C’est une œuvre que je ne suis pas prête d’oublier et qui me réchauffera le cœur pendant un certain temps encore. Une douce mélodie qui résonnera longtemps dans mes oreilles.

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Et ce genre de rencontre artistique, c’est tout le mal que je vous souhaite… ❤

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